SPECIAL FILLES

Elles ont choisi la restauration
Quatre filles se mettent à table



Elles ont choisi la restauration
 

Alors que tant d'autres "rament" à la recherche de semaines de travail à 35 heures, de journées continues, de vie de famille plus riche, de plus en plus de filles frappent à la porte des CFA de la restauration. Deux raisons : le métier les attire et elles veulent tout de suite aller en entreprise.
Car la profession a changé : en salle et en cuisine être une fille n'est plus un handicap.

 

Le marché de l'emploi de la restauration et de l'hôtellerie offre à celles qui "en ont" (... de la volonté) I'opportunité de se faire une place aux fourneaux comme en salle.

Que font-elles... où vont-elles ?

Au CFA Médéric, les filles représentent 35 % des effectifs totaux de la filière restauration. Elles sont davantage attirées par le le côté commercial et relationnel du travail en salle...mais elles évoluent. Déja sur les 15 élèves de la classe de terminale BAC PRO cuisine, 5 sont des filles, alors que la pâtisserie, n'a attiré qu'une seule candidate sur deux classes de 7 élèves.
Aujourd'hui, fille ou garçon, la cuisine est un monde où il est possible de faire carrière à partir du moment où l'on est qualifié.

De plus, Les filles font évoluer les mentalités du métier. Au CFA Médéric, celles qui sont inscrites en BAC PRO sont tenaces, bosseuses, souvent plus brillantes. Et la mixité des classes est bien vécue par tous.

Olivia Bumba Tête de mule et passionée.

Agée de 20 ans, Olivia Bumba est en terminale en BAC PRO au CFA Médéric. Elle est en apprentissage au Novotel Paris les Halles. La cuisine ? Elle aime ça ! Au point qu'elle a renoncé à ses études littéraires, rétrogradant de la classe de prermière a celle de seconde pour intégrer ensuite une première année de BTN, puis un BEP restauration ." On me dit souvent que la place d'une femme n'est pas en cuisine. C'est le genre de réflexion qui me donne encore plus envie d'avancer".

Amandine Aspar-Chaignot, la surdouée

Récemment embauchée dans l'équipe d'Alain Ducasse au restaurant du Plaza Athénée à Paris (3 étoiles au Guide Rouge). Amandine est bien décidée à se faire une place en cuisine...malgré certaines attitudes selon elle un peu trop...machistes.
"Je me souviens des premières réflexions : si tu n'as pas envie de te brûler, tu peux faire de la couture" ( ah..ah..)... et aussi des chefs qui nous font exprès soulever des trucs très lourds. Mais ça change plutôt vite. Les jeunes cuisiniers nous acceptent et ne font pas de différence. Conclusion : pour tenir en cuisine, il faut avoir la force de travail, du talent... et de la personnalité.

 
   
 


Quatre filles se mettent à table
 

Toutes les quatre sont apprenties au CFA Médéric. Deux ont choisi la salle, deux autres la cuisine Aujourd'hui elles font le point...

Vanessa Gillon, terminale bac pro salle :
Après la troisième, j'ai fait un stage d'une semaine dans un restaurant, Batifol. En salle c'est moins dur pour une fille qu'en cuisine. Je n'ai pas ressenti de sexisme particulier de la part des autres membres de I'équipe.
Je sais que pour grimper dans la hiérarchie, il me faudra faire double preuve... mais je le prends comme un jeu et un défi personnel.

Emilie Maréchal, terminale bac pro salle :
En salle, il n'y a pas trop de blagues sur les femmes. Ce qui est sûr c'est que les clients hommes préfèrent être servis par des femmes et inversement.

Amélie Salagnac, terminale bac pro cuisine :
Moi aussi au restaurant, je préfère être servie par un homme.

Vanessa Gillon :
On a fait le test : deux pots distincts. Pour les pourboires laissés aux femmes et ceux laissés aux hommes.Ce sont les femmes qui rapportent le plus de pourboires !(...rires...).

Amélie Salagnac :
On m'avait dit que ce serait très dur physiquement....Finalement, je crois que c'est assez facile pour une fille d'être en cuisine. Les chefs nous prêtent tout de suite plus d'attention. En tant que femme, il ne faut pas avoir peur d'ouvrir sa g... Je ne pense pas que l'on nous teste. On nous charrie un peu, mais c'est plutôt gentil. Et puis les garçons sont là pour porter les choses lourdes...(...rires...)

Vanessa Labbée :
Quand je suis entrée au CFA, j'étais la seule fille sur 4 classes de cuisine. En fait, j'étais plutôt chouchoutée.
En travaux pratiques, les garçons me disaient "attends, on va t'aider.". Maintenant, nous sommes 4 en cuisine. Quand les autres filles nous voient arriver, elles sont plutôt contentes : on échange des potins, des astuces pour bien s'intégrer à la brigade. On est très solidaires.

Amélie Salagnac :
Je n'arrêterai pas la cuisine pour avoir des enfants, je crois que tout est compatible. D'ailleurs, la plupart des femmes qui travaillent dans n'importe quel domaine ont des enfants.

 

 
    accueil